Rassegna storica del Risorgimento
CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
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1989
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Giuseppe Antonio Cerutti
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IVe. QUESTION.
Quelles sont les grandes espérances de la Nation? c'est la réforme des abus: mais de tous les abus le plus ìntolérable, le despotisme de la classe dominante, l'esclavage de la classe populaire, seroit confìrmé, seroit éternisé par la forme de 1614. C'est de donner un frein aux Ministres: mais la cabale des Députés les plus puissans ne songeroit qu'à leur donner des Successeurs choisis dans leur faction. C'est de reprimer la rapacité des Courtisans: mais l'intrigue n'aspirerai t qu'à partager leurs larcins; et l'on ne rougiroit pas de briguer les faveurs, tout en déclamant contre ceux qui les mendient et contre ceux qui les prodiguent. C'est l'équitable répar-tition des différentes taxes, des différentes charges: mais elle seroit éludée par l'adresse et l'ascendant victorieux des principaux Propriétaires, qui, rejetant le fardeau loin d'eux, le poseroient d'une main de fer sur la tète de ceux qui en sont déjà accablés. C'est la pacification des troubles actuels: mais ils augmenteroient encore par le pouvoir de ceux qui les ont excités, et le Peuple abandonné seroit tout ensemble victime de leur union et de leurs discordes. C'est enfili de rappeler, de propager cet esprit public, source de la justice et de la morale: mais l'esprit public ne servìroit que de voile et de draperie, à l'esprit de corps qui usurpe sans cesse, et à l'esprit de parti qui ne repose jamais. Que deviendroient devant eux les grandes espérances de la Nation? Elle assembleroit des obstacles au-lieu d'instrumens, et des Conjurés au-ueu de Législateurs.1
Ve. QUESTION.
Quel est le privilège inviolable du Clergé? De présider au eulte, de diriger les moeurs, de porter l'exemple et la parole, d'ètre médiateur entre le Ciel et la Terre, entre les Peuples et les Rois; la suprématie, en un mot, des vertus religieuses: voilà le privilège que le genre humain. accorde à ses Pontifes. Ceux de la France l'ont exercé dans toute son étendue. Ils ont civilisé, humanisé nos sauvages Ancérres. Si, dans les àges tene-breux, ils imposèrent le joug de la superstition, ce joug étoit alors lié à celui de la morale, et nos temples grossers étoient notre seule école et notre unique asyle. Dans I'interrègne féodal, ils opposèrent leur sainte autorité à des ravisseurs barbares. Sous le despotisme ministériel, ils arrétèrent le cours d'un pouvoir usurpateur. On peut, d'Un autre coté, leur reprocher d'avoir favorisé la tyrannie, et déifié en quelque sorte l'Autorité absolue. On peut leur reprocher tout le sang verse par le fanatisme et par Richelieu. Richelieu se mit à la place de son Maitre, mais il mit son Maitre à la première place de l'Univers: il prepara tout ensemble les triomphes et les impòts de Louis XIV. Enfin, pour tout dire à la gioire du Clergé Gallican, il a produit Bossuet et Fénelon: l'un, en réveiilànt l'éloquence, l'autre, en réveillant le patriotisme, ont accéléré
10) Les sens commun, disoil le Lord Chcslcrfield au Présidcnt de Montesquieu, n'est que dans les Communes. Vos Seignours Francois, disoit-il encore, seront des barricades, mais jamais des barrìères contre la tyrannie.