Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <160>
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Mario Battaglini
peut-étre la revolution de nos esprits. Mais si l'Eglise a servi l'Etat, l'Etat n'a pas moins bien servi l'Eglise. Il seroit ingrat et il parottroit impie de lui disputer les dignités et les possessions accumulées sur elle: je n'attaquerai pbint ses propriétés immenses; j'attaqueraì seulement l'espèce d'apothéose qu'elle a voulu leur décerner.11)
Tous les biens ecclésiastiques, disent nos Pontifes, sont sacrés et ìndépendans. Où est le titre de leur indépendance? Où est la marque de leur consécration? Est-ce une portion de notre globe détachée du soleil ou descendue du Ciel? Le contrai qui leur en transmit la possession se trouve-t-il dans l'Evangile du Christ ou dans le Testament des Hébreux? Des Esprits immortels furent-ils jadis envoyés pour cultiver leurs domaines, comme on nous raconte qu'ils cultivoient ceux de l'Espagnol Isidore? En un mot, qui les a dotés si richement? Ne sont-ce pas les Rois, les Seigneurs, les Cités, les Hameaux qui, tour-à-tour, se sont dépouillés pour grossir leur partage? Que de Races déshéritées pour agrandir la leur! Mais quel fut le principe et la clause de toutes ces concessions? D'assufer un patrimoine inépuisable aux pauvres de l'Etat. Et quels sont les véri-tables pauvres de l'Etat? Quelques mendians obscurs? quelques misérables vagabonds? Non: les véritables pauvres de l'Etat sont les Villages indi-gens, les Fermes tombant en mine, les Atteliers dépourvus d'occupation, les Familles errantes ou abandonnées, la troupe malheureuse des Veuves et des Orphelins, un nombre de Vieillards auxquels il ne reste pour famille que les cceurs compatissans, les Hòpitaux surchargés de la foule des misérables, les Armées enfin qui ont défendu la Patrie et les Autels, et dont les Chefs ou les Soldats, couverts de cicatrices, sont accablés encore de besoins: voilà ceux pour qui furent institués les legs de la charité et de la Religion; voilà ceux pour qui, du fond de leur tombeau, nos Ancétres pieux réclament leurs solemnelles fondations: sont-elles accom-plies? A quelques largesses, à quelques aumónes près, qui a soin de ce peuple innombrable de pauvres? Qui? Le Monarque et le Peuple. Le Peuple et le Monarque payent donc deux fois! Et l'Eglise opulente refuseroit de payer une seulel Elle nommeroit privilège la barbarie, immunité le parjure! Elle nieroit la dette des tombeaux, la dette des Autels.12) Nos
U) Les Prètres ont voulu en quelque sorte mettre le cachet de la Divinité à tout ce qui leur appartenoit. Ils ont fait quelquefois un usage divin de leurs richesses. On a vu des Prélats distribuer leurs revenus à leur troupeau, et d'autres les répandre sur leur famille. Bien des races illustres se seroient éteintes dans la misere, si les Evèques tirés de leur sejn. ne les avoient ranimées par des secours légitimes; et ils ont sauvé bien des familles qui ont sauvé l'Etat. Mais combien d'entre eux dissìpent dans le faste, prodiguent dans les plalsirs les trésors que la charité chrétienne a mis en réserve dans leurs mains! Ils se croient obligés de représenter: mais représenter qui? des Gens du Monde ou des Gens d'Eglise? des Princes ou des Pasteurs?
12) Une partie des biens ecclésiastiques vient des fondations, l'autre a pour origine les Fiefs. Ces Fiefs, comme ceux qui sont restés au pouvoir des Nobles, étoient soumis autrefois à la solde mi li lai re. Francois ICI, en 1534, menacé d'une longue guerre, ordonna une lcvée sur les biens des l'Eglise, et son Edit portoit en termes exprès: les biens nobles devant un subside militatre, ceux des Ecclésiastiques n'en doivent pas ètte exempts puisqu'ils sont des Fiefs, et la dette est aussi sacrée que leur privilège. Consideri sur les intérèts du Tien-ElaU Ouvrage à distinguer et à consulter.