Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <165>
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Giuseppe Antonio Cerutti 165
le Sénat Romain en disani au Peuple, sois libre? qu'il combattit servile-ment pour la gioire du Sénat. Et quand les Orateurs d'Athènes excitoient la multitude à s'affranchir des Archontes, que vouloient-ils? l'enchaìner à leur Tribune. La liberto n'exista point dans les Républiques anciennes, puis-que l'ambition y domina sans cesse, et immola chaque parti, l'uri après l'autre. Là, un homme avoit tout à craindre d'un Magistrat, et un grand homme tout à craindre d'un intriguant. Socrate but la ciguè pour avoir enseigné une morale libre. Les Gracques furent massacrés: l'un, devant le Capitole qu'il avoit sauvé des flammes; l'autre, sur la Place publique qu'il avoit affranchie. Marius, huit fois Consul, vingt fois triomphant, mais trop souvent barbare en défendant le Peuple, fut réduit a chercher la liberté, tantòt dans les marais de Minturne, tantòt sur les ruines de Carhage.
Qu'est-ce donc que la liberté politique ou un Gouvernement libre? Celui où toutes les forces sont combinées de manière qu'elles ont chacune le mouvement qui leur est propre, et la règie qui leur est utile.24) Les forces de la Monarchie Francoise seroient toutes-puissantes si elles avoient chacune leur action et leur réaction. On a vu ce que la force religieuse a produit autrefois dans la main Episcopale. On a vu ce que la force guerrière produisit à son tour. On a vu jusqu'où la force rninistérielle a élevé la Nation, et jusqu'où elle l'a rabaissée ensuite. La force legale ou parlementaire s'est maintenue, s'est accrue à travers toutes les révo-lutions. La force littéraire a jeté un éclat qui efface celui des Nations voisines et des Nations antiques. Chacune de ces forces a eu son règne. Il en est une qui, loin de régner, n'a pu se développer, se montrer encore, la force populaire: c'est à celle-là qu'est attachée la restauration de l'Empire. L'Empire sera sauvé, l'Empire sera libre lorsque tous ces dif-férens ressorts, mis a leur place, et rangés en ordre, agiront avec une juste correspondance. Mais quelle main assez vigoureuse sera chargée d'un si intéressant ouvrage? La main des Etats-Généraux. Tous les élémens, après quelques combats, s'organisent, si l'esprit public les travaille. Mais si le Peuple y manque, le premier élément y manquera. Montesquieu a place la liberté politique dans la distribution des trois pouvoirs: c'est un principe inconnu aux Peuples anciens, et que le genie a donne aux Peuples modernes. C'est la règie sur laquelle l'Amérique Septentrionale mesure tous ses plans législatifs; c'est l'échelle véritable qui marque les degrés de la liberté publique. La forme de 1614 n'observa point ces degrés qu'elle igno-roit. Dans cette forme impolitique, qui seroit chargé du pouvoir législatif? ceux qui ont déjà le pouvoir exécufif et judiciaire, la Noblesse qui est l'instrument de l'un, et la Magistrature qui est dépositaire de l'autre. La liberté y seroit donc soumise et sacrdfiée. Elle consìste dans une sorte d'égalité: les Nobles ne connoissent que l'indépendance et la domination.
24) je parie ici de la liberté politique, et non de la liberté civile. Cette dernière consiste dans la portion de bonheur que les Loix nous assurent, pour nous dédommager de celle qu'elles nous enlèvent. La perfection des Loix civiles est de nous laisser si bien jouir de la portion qui nous reste, que nous ne pensìons pas mérae à celle qui' nous manque.