Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <166>
immagine non disponibile

ifcfff/fe Battaglini .
Elle demande la tolérance et la concorde: les Evéques, par leurs opinions et par leurs intéréts, pencheront toujours vers un systéme intolerant et oppresseur. Elle exige un Code criminel conforme à l'humanité: les Magis-trats craindront de voir toucher à une Jurisprudence, inhumaine pour nous, mais sacrée pour eux, parce qu'ils ont juré sur l'Autel de la Justice d'y étre fidèles. Quel sera donc le résultat de l'Assemblée Nationale? Un Gouvernement plus libre? non; mais un Gouvernement plus orageux. Les Grands secoueront peut-étre leurs chaìnes, mais en renforcant les nótres. Ils rebàtiront leurs Chàteaux, leurs Palais; mais ils ne repàreront pas nos cabanes. Insensés que nous sommes! Pressons-nous autour du Tròne; et pour la sùreté populaire, maintenons le pouvoir monarchique. S'il a sou-vent abusé de sa force, qui l'a corrompu? ceux qui étoient chargés de la force, les Grands; s'il s'est trompé tant de fois dans ses lumières, qui l'a égaré? ceux qui craignoient les lumières, les Grands; s'il a permis et commis tant de déprédations, qui les a conseillées, sollicitées? ceux qui en recueilloient le fruit; les Grands. Quels furent enfin ses ministres, ses instrumens, ses complices? des hommes tirés du Peuple? non; mais des hommes tirés de la Cour, de l'Episcopat, de la Magistrature, Ceux qui ont si bien compose le Ministère, composeroient óls mieux la Législa-tion? Et pouvons-nous espérer de devenir libres sous l'empire de ceux qui depuis mille ans nous tiennent dans la servitude? Si elle a été adoucie, allégée pour nous, n'en sommes-nous pas redevables à quelques bons génies que le Ciel a placés sur le Tròne, et qui se sont, pour ainsi dire, montrés les Tribuns du Peuple Francois? N'est-ce pas malgré les Barons et les Prélats, que Charlemagne ouvrit le premier à toute la Nation un accès libre auprès du Tròne, et une entrée libre aux Etats et aux Ecoles publi-ques? N'est-ce pas malgré -les Barons et les Prélats que Louis-le-Gros affranchit les Communes, que S. Louis réforma les Tribunaux des Sei-gneurs, que Philippe-le-Bel associa le Tiers-Etat aux deux autres, que Louis XII et Henri IV abolirent plusieurs restes crians des exactions Vandales; que Louis XVI enfin, voulant déraciner cette souche gotique, a tenté d'extirper la Main-morte, la Corvée; et qu'en ce moment il essaye d'élever una constitution plus florissante avec le secours du Tiers-Etat? Peuples! confìez-vous à vos Défendeurs naturels, ou du moins gardez-vous des faux Libérateurs! 25)
25) L'Edit sur la Main-morte n'a pu èrre enregìstré que de force cette année dans le Parlement de la Franche-Comté. Le tiers de cette Province est accàblé de cette chaine odicuse; et la Province se dit franche! Cornine on abuse des mots! comme on se jooe des hommes! La propriété, dit-on, la proprìété. Si la propriété n'avoit que de pareils titres, il faudroit les bruler pour l'honneur meme de la propriété. Un Gentilhomme venoit d'era déchircr quelques-uns de relatìfs à la main-morte: son Homme-d'aiTaires se récrioit sur la perle. Il lui dit: j'ai sacrifié quelques papiers, mais j'ai délivré mes semblables: j'ai tant parie de liberté à Paris, que j.e n'ai pas le ceeur d'ètre un tyran au village. 11 est des personnea moins scrupuleuses, et qui ont une merveilleuse facilitò à jouer les ròles hérolques où ils plaisent, et les ròles tyranniques où ils servent. Parrai ces Protées politiques, j'en ai vu qui mettoient plus de gradation: ils vouloient des valete à Paris, des esclaves dans leurs Terres, des nègres dans leurs Colonies, et des morts partout où ils pouvoient hcriter.
166