Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <168>
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Mario Battaglini
avec violence; trop distantes, elles ne se concilient jamais. Le sabre est presque la seule Jurisprudence qui gouverne la Diète de Poiogne. Les Etats de Suède n'étoient, pour ainsi dire, que des barrières qui séparoient les ésprits en trop séparant les Ordres. Chaque intérèt s'isoloìt, et chaque préjugé se fortifioit loin du préjugé contraire; le Paysan ne s'élevoit point jusqu'au Sénateur, le Sénateur descendoit encore moins vers le Paysan, et l'esprit public étoit là, non au milieu d'une seule école, mais entre plusieurs sectes ennemies.27) Le Sénat Anglois, forme de deux Sanctuaires, du Sanctuaire où sont tous les Chefs de la Nation, et du Sanctuaire od sont tous les Représentans; le Sénat Anglois, où toutes les Dignités siègent au premier rang pour ètre plus près du Tròne qu'elles défendent; et toutes les Propriétés au second, pour ètre plus près de l'égalité qu'elles soutiennent; le Sénat Anglois, voilà le seul Sénat qui ait trouvé la balance de la Législation.2 Cette balance mème seroit imparfaite et flot-teroit trop souvent au hasard, si la main du Monarque ne s'occupoit sans cesse à la diriger dans le besoin où il se voit de la faire pencher vers lui pour qu'elle ne penche pas sans cesse vers l'opposition. L'équilibre parfait des pouvoirs seroit aussi impraticable que l'équilibre parfait de l'Europe; mais c'est là où doivent tendre tous les efforts de la Loi. Et, qui suppléera cette Loi, qui poserà cet équilibre lorsqu'ils n'existent pas? L'autorité provisoire du Souverain, ou, ce qui est la mème chose, la Providence du Gouvernement. Elle a été instituée pour corriger les causes secondes par les causes premières, et pour modifier les causes premières
les Etats tenus sous Louis XI et Louis XII.
Ce ne fut donc qu'en 1560 que les Ordres se divisèrent. On sait que le Clergé, en possession de donner un Orateur aux Etats, reclama con tre cette division; on sait aussi comment les troubles civils et religieux, l'ambition des Grands, les invasions de l'autorité et la corruption universelle, parvinrent depuis à dénaturer toutes les constitutions, toutes les iormes et particulièrement celles des Etats-Généraux. Si donc on recherche de boane foi les usages anciens dans leur pureté, est-ce l'origine ou la décadence des Etats-Généraux qu'il faut consulter? N 'est-ce pas plutòt cette epoque intermediai re, ce long intervalle de 1355 à 1560, le seul qui présente des Assemblées vraìment Nationales et régulières, qu'il faut considérer? Et quand des autorités aussi nombreuses dénontrent que la Déliberation commune des Ordres réunis est un des caractères les plus uniformes des Etats-Généraux, comment, au mépris de l'évidence, réclame-t-on une voix égale pour chaque Ordre? Comment ne cesse-t-on de faire retentir les mots de constitution et de légalité, pour repousser une forme salutaire que l'usage prescrit lui-mème comme la raison.
27) Voyez dans l'Insto ire de la dernière revolution de Suède, ce que M. Shéridan pensc de la distinction des qua ire Ordres Suédois. 11 démontre que cette distinction, tant admjrée, a perdu la Suède. Les Seigneurs, dit-il, les Prètres, les Bourgeois et les Paysans, étoient comme quatte bataillons ennemis qui étoient chacun dans leur camp pour se préparer à la bataille, et qui regardoient chaque proposilion comme une hostiiité ouverte ou une ruse de guerre. Ainsi, à chaque proposi tion, il falloit soutenir quatre combats et vaincre qua tre préjugés. La victoire étoit difficile .
28) Ce beau systéme, dit Montesquieu, a été trouvé dans les Bois, et il est renfermé dans ce passage de Tacite sur les Germania: de mìnoribus rebus Principes consultarli, de majoribus omnes [sic].