Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <173>
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Giuseppe Antonio Cerniti
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nous menacent des invasions de la démocratie, dit très-bien la personne que j'ai déjà citée, sont les mèmes qui tout-à-l'heure sonnoient l'alarme contre les invasions du despotisme. Ne seroit-ce point-là un glaive aristo-cratique à deux tranchans pour couper le noeud qui lie le Souverain au Peuple, et le Peuple au Souverain? Ne seroit-ce pas un artifice coupable pour les rendre tour-à-tour suspects et odieux l'un à l'autre? Le Roi et la Nation sont deux amis essentiels, trop long-temps brouillés par des tiers malévoles et perfides: les Etats-Généraux sont l'entrevue nécessaire, Texplication franche qui doit les réconcilier; mais il ne tiendra pas à une ligue ambieuse que cette réconciliation ne soit manquée.3
IIIe. OBJECTION. Le mépris des formes constitutionnélles et des usages anciens qui entraineroit la subversion de VEtat. Mais pouvez-vous con-fondre éternellement les formes avec les règles, et les usages avec les institutions? Et ne peut-on, sans étre frappé de mort, toucher aux moin-dres débris de l'arche legislative? Les usages anciens sont souvent cornine les proverbes, la sagesse des Nations; mais un proverbe antique doit céder à une vérité nouvelle qui ne peut ètre ancienne tout en naissant. Les formes sont les signaux de la Loi: ils éclairent sa route et marquent ses écueils; mais quand une route est agrandie et que les écueils sont changés, ne faut-il pas agrandir et déplacer les signaux? A quoi donc se réduisent vos frayeurs? à la crainte de perdre vos usurpations.38*
IV*. OBJECTION. Si le troisième Ordre, mécontent, forme une opposition juridìque sur son nombre inégal, il ne sera point écouté au Parlement; si, au contraire, on lui accorde Végalité, les deux premiers Ordres, indìgnés de sa victoire, et autorisés par leur droit, protesteront devant te Parlement qui les écoutera: Sophisme dangereux, et qui ne prend pas méme le masque de l'impartialité. Le Parlement admettra la réclamation des uns, rej etera celles des autres: j'ose demander sur quel principe. Sur un exern-
37) Une Fée avoit doué un Prince d'une qualité bienheureuse: c'étoit de pouvoir entendre, dans le plus grand éloinement, la voix de ses Peuples. Sans quitter son Tróne, il slnstruiroit ainsi de la pensée de tous ses Sujets. La liberté de la Presse nous tiendroit lieu de cette Fée. La Monarchie et la Démocratie n'ont rien à craindre de cette liberté: le Monarque et le Peuple sont également au-dessus des libelles. Une Aristocratie est plus facile à blessef. Aussi quand les Decemviro gouvernèrent un moment Rome, leur premier soin fue de condamner à mort les Auteurs satyriques. L'Arrét du Parlement de Paris, du 5 Décembre 1788, a demandé la liberté légitime de l'impression. Cette demande honore ceux qui l'ont faite. Ils ont expié par-là tant de persécutions injustes. Nous citons aujourdliui les livres bròlés il y a quelques années. C'étoit alors le temps des flammes; celui des lumières semble arrivé. Le Parlement de Paris, en donnant cet arrfit, a, pour ainsi dire, enregistré d'avance toutes les vérités utiles que la liberté légitime produira. Cependant il est essenliel que l'ori explique ce mot de légitimhe, qui pourroit devenir un mot redoutable s'il restoit indéfini et arbitraire. Ce mot de légitime, disoit quelqu'un, renferme encore bien des fagots, et il peut brùler encore de bons écrites.
) Les Nobles, les Evéqucs et les Magistrata veulent bien circonscrlre l'autorité royale: mais la leurl Mcdice, cura te ipsumi grands Médecins de l'Etat, commencez le regime par vous.