Rassegna storica del Risorgimento

CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO; CERUTTI GIUSEPPE ANTONIO OPERE BIBLIO
anno <1989>   pagina <175>
immagine non disponibile

Giuseppe Antonio Cerutti
175
ces motifs pacifìques doivent les ramener au nótre qui est celui de la Nation. Sa voix qui se fait entendre de toutes parts, manifeste au Souve-rain le desir de ses Sujets. L'elite des Francois voudroit-elle les démentir? pourroit-elle les combattre? Ah! non! ils iront au-devant du Peuple qui accourt, et du péri! qui avance; ils composeront avec ceux qu'ils ne peu-vent ni changer ni dompter; ils imposeront la règie afin de ne pas la recevoir. La necessitò leur commande, et l'exemple les invite. lei il doit m'ètre permis de rendre un hommage reconnoissant à ces hommes géné-reux, à ces Notables patriotes qui ont vote pour le Peuple. Supérieurs à i'intérèt et à l'illusion, ils ont les premiers immolé leurs privilèges sur l'autel de la Patrie: ils acquièrent une seconde Noblesse. Celui qui donne au pauvre, dit Salomon, prète à l'Eternel: les bienfaiteurs d'une Nation prétent à la Postérité. Il doit m'ètre permis encore de repousser l'accu-sation intentée contre tous ceux qui ont si justement applaudi à ce petit nombre de Notables. On nous accuse d'ètre les promoteurs de la Démo-cratie. Ce projet seroit insensé. La France ne sauroit pas plus devenir une République que Genève ou Zurick une Monarchie. Un Empire si vaste et si compact perdroit avec l'unite de mouvement, et l'unite de pensée, l'accélération de sa défense, et tout le poids combine de ses redoutables forces. L'ambition étrangère qui l'environne de toutes parts, qui l'épie à chaque vicissitude, se jeteroit sur une proie facile, et diviseroit et déchi-reroit une confédération toujours mal affermie. Ce changement, s'il étoit possible, seroit aussi funeste pour la classe populaire qu'il sembleroit favoriser, que pour les classes distinguées qu'il paroitroit soumettre. J'ose le dire: le Peuple est de tous les Ordres de la Nation celui qui perdroit le plus à la Démocratie. La Démocratie n'est bornie qu'aux Démagogues qui gouvernent, aux Pontifes qui persécutent, aux Orateurs que jouent un róle brillant, et aux Sénats qui n'oublient pas le leur, celui d'usurper tout, en ayant l'air de tout protéger. Un Peuple Démocrate est un tyran que l'on trompe, et un esclave que l'on natte. Le Peuple Francois, d'ail-leurs, est passionné pour la Monarchie.41) Quand mème il se plaint, toutes ses plaintes s'elèvent contre le Ministre, et non contre le Monarque. Il l'adore au milieu de ses champs dévastés, au milieu de ses cabanes indigentes. Dans toutes les occasions signalées, il s'est montré le véritable Chevalier des Rois. Lorsqu'abandonné de sa Cour, le Roi Jean, en rentrant dans son Royaume, sembloit presque douter de sa royauté, une multitude immense, par ses acclamations, le tira de ce doute cruel. Six Bourgeois héroìques, célébrés par l'Hdstoire, célébrés par la scène Francoise, dédom-màgèrent Philippe-de-Vàlois de la perte d'une ville et de celle d'une armée. Lorsque Francois premier, qui avoit appauvri la Nation, pour enrichir les Grands, les Femmes et les Gens-de-Lettres, revint de sa prison d'Espagne, tout le Peuple oublia les fautes et les dettes du Monarque, et le recut
41) L'auguste Monarchie, dit très-bien M. la Cretclle, appartieni à notre situation physique et à notre caractère moral.
Sans le Tiers-Etat, la Monarchie auroU été renversée plus d'une fois par l'Arisio-cratie: c'est lui qui, dans l'Assemblée generale de 1595, empécha que l'on ne révoqufit la Loi Salìque, qui est la plus immutable garantie de la succession au Trone.