Rassegna storica del Risorgimento

CARTEGGI (CRISPI-MONTMASSON); CRISPI FRANCESCO LETTERE; MONTMAS
anno <1990>   pagina <303>
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Ma chère Rosalie.,.
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Giliberti.2* De la mème je vois que toi ou n'avais -recu aucune de mes lettres, ou que peu d'intérét tu prenais des commissions dont je t'avais chargé. Je comprends tes angoisses et tes ennuis, et je te prie, dans le moment critique où nous sommes, -d'avoir patience et courage. Ne sera jamais possible traverser les calamités de la vie sans calme dans l'esprit et sans confiance dans les individus avec lesquelles on est en rapport. J'ai voulu que tu ailles demeurer dans la ville d'Annecy, parce que là tu serais près de -tes parents, qui pourraient t'aider en tout et t'abriter de quiconque attaque à ta personne. A Turin tu serais trop exposé aux mauvaises langues et à toute sorte de contrariétés. T'ont mal rapportò, ou, ce qu'il sera plus facile, toi auras mal compris que j'avais dit de vouloir me marier au plaisir de ma mère. Moi je n'ai jamais pensé à aucun mariage. Moi j'avais dit, que, si je ne t'avais pas marie, c'est parce que j'ai voulu me garder de faire une chose qui pouvait causer un chagrin à mes che-rs pére et mère. Voilà tout. Je te prie donc à rester calme et tranquille de ce coté là.
Nous sommes arrivés ici le 26 de mars, à 4 heures du matin. Notre voyage à été bien mauvais jusqu'à Messine. De cette ville à Malte la mar à été un petit peu calme, le ciel aussi et nous n'avons rien souffert physique-ment. Cette traversée cependant pour moi à été une via crucis. Le comman-dant du paquébot, ne voulant prendre la haute mer, pour se tenir près de quelque port, en cas de tempéte, nous à fait raser la còte orientale de la Sicile. J'ai vu donc de près, et sans pouvoir y descendre, toutes les plus belles villes de mon pays, celles surtout qui ont été le théàtre des dernières malheureuses batailles de la revolution. A telle vue, pleine de douloureux souvenirs, mon coeur se sentadt briser. Je voyais mon pays plongé dans l'esclavage le plus affreux, sans pouvoir l'aider, dans im moment où manquait à moi un pouce de terre pour me recevoir. Arrivé ici, le méme jour j'ai vite ecri à mon pére, et j'espère en peu de jours avoir quelque reponse.
Je suis en Malte en compagnie des autres cinq jeunes hommes, qui avec moi sont sorti de prison et parti de Gènes le 20 de mars. Dans la maison, où. nous sommes, nous ne sommes pas engagés au delà de 15 jours, dans le doute de pouvoir rester dans le pays.
Malte c'est une très petite ile, où il n'est pas possible de trouver un travail convenant à mes études et mes habitudes. La vie cependant n'est pas si chère qu'à Turin; ici on peut bien faire des épargnes plus qu'ailleurs. Je chercherais toute manière d'y pouvoir nous installer. En divers cas je partirais pour Paris s'il me sera possible ou pour Londres. Toi sauras à temps, si tu devras venir me rejoindre ici ou dans une de ces villes. Cou­rage et patience, ma bonne Rosalie, et le bon temps reviendra.
Je te prie autre fois de ce que je t'avais prie dans mes précédentes
2) Uno dei tre compilatori del palermitano // Didascalico (quindicinale: Marzo-dicembre 1847), ispirato al riformismo di Ludovico Bianchini. A Marsiglia, nell'estate del 1849, Giliberti e Crispi dovettero incontrarsi nell'impegno di procurare associazioni alla stampa di aperture democratiche.