Rassegna storica del Risorgimento
NAPOLI ; CARBONERIA ; MASSONERIA ; MOTI 1820 ; SOCIET? SEGRETE
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1921
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170
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170 M. Mciiffhini
la voir briguer l'Iionneur de I*initiative de l'indéper dance de l'Italie républicaine.
En tout cas, e'est mon avis que l'Italie devrait agir et nous donner le signaJ si elle le peut. Une insurrection sérieuse, natio-naie en Itajie, qui promette des chances, et la Hongrie suivra, vous n'en doutez pas. Mais l'initiative lui est impossible, vue sa posi-tion géographique -stratégiquement inabordable pour y amener des armes etc, 1a Turquie m' étant fermée, et la Valachie occupée par P Autriche. Vous-méme, vous hésiteriez à lui donner le conseil d'une initiative. La concentration de presque toute I'armée autri-chienne pése sur elle, et sans une grande impulsion morale lui ve-nant du dehors l'appeler à se soulever, elle seule et première, aurait l'air de l'appeler au martyr.
Cette grande impulsion doit lui venir de Paris, ou bien d'une insurrection Italienne, de V insurrection des troupes hongroises qui sont en Italie, et de ma présence à leur tète.
Donnez-nous une insurrection, grande, Nationale, Italienne, et vous aurez la Hongrie. Donnez-moi un point d'appui, qui me donne la possibilité de taire l'appel aux troupes Hongroises en Italie, de se ranger autour de moi, en leur présentant des chances de succès par le.fait d'une insurrection nationale Italienne, capable de se main-tenir, et vous m'avez. Vous savez nos engagements: je les main-tiendrai.
La position de l'Autriche vous est favorable. Vous n'avez à faire qu'à une comparativement faible portion de ses forces. Et Bo-naparte lui-méme ne lui pourrait point donner des renforts ce mo-ment-ci. Il E a que de recrus. Sa seule armée se perde dans la Crimée. Et les troupes de rAutriche engagés aujourd'hui le seront bien plus encore, lorsque les mouvements intérieures auront répondu au vòtre. La crainte de ce mouvement à elle seule clouera l'Autriche à la place où ses forces sont concentrées loin d'Italie.
Puissent vos compatriotes écouter vòtre voix. Le moment est précieux: qu'ils le saisissent. En le laissant passeretsi par hasard une paix est bàclée, nous aurons à le regretter et à supporter peut-étre dix ans de plus de martyr et de honte.
Adieu. Votre frère de cceur et ami
L. KOSSUTH.