Rassegna storica del Risorgimento

GIOBERTI VINCENZO
anno <1921>   pagina <596>
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Giovanni Sforza
ment penser de se porter sur les Apennins qu' elle n'aurait pu tenir et que nous setils nous pouvions défendre. J'ajoutais que si lui M,r le Président et la Bépublique francaise voulait réelle-ment aider le Eoi et la nation piómontaise dans les circonstanoes diffìciles oti ils se trouvaient, il fallait que le cas échéant àhme dernière nécéssiM, les troupes franaises se niontrassent dans le cceur du Piéinont de manière a en imposer efficacement à nos ennemi8. Parlant de l'état moral du pays, je lui observais qu'il y avait moyen de rappeler toutes choses sur une bonne voie, lors-que l'opinion publique se serait rassuxée sur le maintien de l'hon-neur et de l'indépendance nationale; qu'une forte aigreur s'était montile à l'occasion de l'occupation d'Alexandrie (ainsi que je le juge par les joumaux) qui n'était à vrai dire q'un gi'ossier soufflet donne a la nation et dont nous devions profiter par l'aide dea puissances amies. M.* le Président s'informa si par un coup de main les Autrichiens n'auraient pu s'emparer de la forteresse d'Alexandrie et en cbasser les Piémontais, et ma réponse fut qu'il serait beaucoup plus ai sé aux Piémontais de cbasser les Autri­ci e-ns que d'en étre cbassés.
La conversatìon roula ensuite sur notre armée, et je me suis pernii s de lui dire che l'opinion à Paris n'etait pas bien juste sur ce point, si j'en jugeais par la presse, car bien loin d'ètre dé-truite, notre armóe était dans mi excellent état, forte de plus de SOmille hommes, prèts à se battre pour leur Boi et leur pa­trie, et je lui deelarais que le Eoi et le gouvernement aurait par conséquent tout risquó plutòt que de souscrire à des conditìons deshonorantes pour la nation, qui ne les aurait pas subies làehe-ment, quand mème elle fùt abandonnée par ses amis.
Quant ;i l'état des finances, je cberche a attendrir le gou­vernement sur notre misere, mais il est d'ailleurs assez mallieu-reux que je soie d'autre part obligé de tenir la tete haute par devant les financiers, raèjéi d'hommes bien difficile d'amadoner autrement que par de solides garanties : toutefois j'espère qu'une questìon fera passer l'autre et que nous pourrons marcher tout droit sous bien peu de jours si les complicatàons Européennes ne viennent pas indirectement nous troubler.
M le Président me démontra nourrir beacoup d'estime pour les éminentes qualités qui brillent dans notre jeune Boi, son courage, son energie et sa franchìse: il déclara que sa con­dente et son gauvernement dans la circonstance recente del'oo