Rassegna storica del Risorgimento

Mazzini. Solidarismo. Socialismo. Secolo XIX
anno <2001>   pagina <192>
immagine non disponibile

192 Jean-Yves Frétigm
était déjà appréhendée en termes de concurrence et de solidarité. Le So­lidarisme est une référence oubliée du grand public et de beaucoup d'hommes politiques mais qui mérite d'étre étudiée puisqu'elJe est une des idéoiogies qui servent de soubassement à la poliuque sociale francaise. Mais pourquoi s'intéresser aux rapports entre Mazzini et le solidarisme?
Il convient d'emblée de lever toute équivoque: les promoteurs et défenseurs de la doctrine solidariste ne se réclament pas de Mazzini. Il faut écarter l'idée d'une influence de Mazzini sur les solidaristes francais que l'on entende influence comme action exercée par une personne sur une autre à des fins de domination ou comme un mode de communication dont la persuasion constituerait le ressort principal.2) Cela signifie-t-il pour autant qu'il n'existe aucun lien, aucun rapprochement possible entre la pensée mazzinienne en matière sociale et le solidarisme? L'enjeu de cet article n'est pas d'étudier les rapports entre Mazzini et la France, cela a déjà étj fait entre autre au quarante-sixième Congrès d'Histoire du Risorgimento italiano par MM. Philippe Gut et Louis Girard. Philippe Gut dans son étude sur Macini et l'opinion publique franfaise sous la deuxième Képublique 3) démontre à travers l'analyse très fouillée de la presse quotidienne et périodique de certe epoque
[qu'Jil apparato deux tendances nettement différenciées concernant Mazzini et son action proprement politique, voire gouvernementale s'agissant du court épisode du triumvirat romain. A gauche, la tendance démocra te-socialiste, si elle ne méconnalt les problèmes de l'Italie qu'elle s'attache au contraire à décrire et à expliquer à ses lecteurs, s'efforce de défendre l'oeuvre du républicain génois contre les attaques souvent violentes dont il est l'objet de la part de la presse conser­vatrice ou réactionnaire qui constitue la seconde tendance; celle-ci est en effet sensible à raction de Mazzini et à son influence mais le portrait qu'elle brosse du révolutionnaire transalpin et le bilan qu'elle dresse de son oeuvre sont d'une extréme noirceur. Tout au plus lui concède-t-on a droite, de réels talents d'écrivain, parfois méme de poète. Si la presse démocrate-socialiste, notamment au cours de Pannée 1849, exalte la République romaine, son audience est bientót limitée par le Coup d*État du Deux Décembre qui lui porte mx coup fatai; nul doute que Maz­zini inquiète la presse conservatrice et réactionnaire qui lui suppose les plus sombres dcsseins en l'accusane de vouloir mettre l'Europe à feu et à sang. On ne saurait donc conciure que l'opinion publique francaise, par l'intermédiaire de ses
9 Dcfìniiion extraite de F. CHSPt, Les Notians pbiiosopbiques, in sUncyclopédie pbilosopbique nmvmelh, Parts,. Pl ll9.p. 1295,
J) PHILIPPE (W'n, Masgg'm" al l'opinion publique franfaise som la deuxième République t in Atti del XLP'I Congresso di storia del Risorgimento italiano, Genova, 24-28 settembre 1972, Roma, Istituto per la storia del Risorgimento italiano, 1974, pp. 2-24.