Rassegna storica del Risorgimento
Risorgimento. Storiografia
anno
<
2001
>
pagina
<
196
>
196 Jean-Yves Frétìgné
La fami Ile radicale en France au tournant du siede
Il est commode de procéder en premier a l'analyse du poids électoral d'un mouvement polidque pour débuter son étude. Cette commodité est trompeuse pour la fin du dix-neuvième et le début de ce siècle car il n'existe pas encore de véritables partis structurés autour d'un programme avec une organisation ardculée et un ou plusieurs groupes parlementaires qui lui sónt clairement affìliés. Bien que le Parti républìcain radicai et radical-socialiste soit la première fòrmation politique moderne, il ne faudrait pas pour autant la considérer à l'égal de ce que sont depuis la ffex de là Grande Guerre et plus encore depuis 1945, les partis politiques. L'hermé-neutique marxiste considère le parti comme l'èxpressiòn politique d'une classe sociale, inversement, l'explication libérale y voit un groupe organisé que l'individu libre et doué de raison choisit eri fonction de ses intérets et de ses idéaux. Ces deux interprétations sont en partie inopérantes et insuffisantes du moins sous leur forme rigide pour comprendre la vie: politique de la fin du dix-neuvième. Le renouveau de rhistoriographie dans ce domaine a conduit à mettre en avant les notions de famille politique structurée non autour d'un programme mais d'urie culture politique. Cette culture politique, qui n'est pas sans rappeler le concept d'idéologie degagé d'une vulgate qui le réifie, comprend un soubassement philosophique, des références historiques, des données institutionnelles, une vision de la so-ciété, enfin une symbolique.
Dans la France de la Troisième République jusqu'à la Grande Guerre (1875-1914) coexistent plusieurs cultures politiques dont les contenus sont plus pu moins tranchés. La Troisième République après un enfantement douloureux (la guerre franco-prussienne, la Commune, la dìssolution de la Chambre par le Président Mac-Mahon le 16 mai 1877), se trouve consolidée d'élection en élection. Elle se trouve déjà suffisamment forte en juillet 1880 pour amnistier les communards. Jusqu'en 1914, elle édicte une sèrie de lois qui marquent l'histoire politique, économique et sociale de la France: les lois sur les réunions publiques et la presse (1880), sur le divorce, sur le syndicat professionnel (1884) et bien sur ce qui constitue la réalisation la plus em-blématique: les lois sur l'enseignement primaire obligatoire, gratuit et lai'que. Les violente crises politiques inaugurées avec le boulangisme puis le scan-dale de Panama, exaspérées avec l'affaire Dreyfus et la séparation de l'Église et de TÉtat, ne se soldent jamais par des crises de regime. Les Francois sont de plus en plus attachés à cette République qui les faconne par Fècole, Tarmée et Tunification économique et culturelle du territoire. Chaque commune de France a sa inaine, son école, souvent dans le mème corps de bàtiment, le drapeau tricolore, l'errlgie de Marianne, sa gare ou plus