Rassegna storica del Risorgimento
Risorgimento. Storiografia
anno
<
2001
>
pagina
<
199
>
Maxjmet les, refortnismes Jranais 199
choix mème de son appellation, Parti républicain radicai et radical-socialiste, exprime la volonté d'unir les radicaux modérés commc Brisson et Sarrau et des radicaux d'extrèmc gauche commc Camille Pelletan. Le partì républicain radicai et radical-socialiste est le point d'équiUbre de toute majorité car si les radicaux ne peuvent gouverner seuls aucune force politique ne peut gouverner sans l'appui des radicaux. Jusqu'à la constitution d'un groupe radicai unique à la Chambre en 1913 coexistétìt deux groupes parlemen-taires, la Gauche radicale socialiste et la Gauche radicale. Au Sénat il n'existe mème pas de groupe radicai mais le groupe de la Gauche démocra-nque qui est le lieu de rencontre des radicaux et des républicains lai'ques de l'Alliance républicaine démocratique. Parti de notables mais parti qui fait peur par ses propositions à la France bourgeoise, parti dont on se moque entre socialistes mais avec lequel il est souvent nécessaire de nouer des alliances, parti né dans les grandes villes mais qui se provincialise, la sociologie du radicalisme au début de ce siècle confìrme largement l'idée recue: le parti de la démocratie qui travaille n'attire ni les grands bourgeois ni les prolétaires; il tire des classes moyennes l'essentiel de sa substance .21) Si les figures les plus en vue du Parti sont les professeurs, les avocats, les journalistes et les médecins (le lien entre le positivisme et l'idéal républicain de progrès social est très affirmé) les petits bourgeois, les petits patrons et commercants, les fonctionnaires, les employés, les pedts propriétaires ruraux constituent l'essentiel de ses électeurs. Si le radicalisme a recouvert diverses acceptions de 1820 à nos jours,22) nous nous intéresserons, dans le cadre de certe communication, à ce que signifie erre radicai autour de 1900 en recourant à la grille de leeture dégagée au début de ce paragraphe. Le soubassement philosophique de la culture politique radicale est un attache-ment profond à la tradition des Lumières (Voltaire et Diderot, et surtout le Condorcet de Uesquìsse d'un tableau hìstorìque des progrès de esprit humainì plus que Rousseau peut-ètre trop systématique) et à la fois à la science. Un radicai est positiviste et trouve dans certe philosophie Pantidote à la
r
superstition religieuse entretenue par rEglise catholique. Ses références historiques sont avarit tout la Revolution, plus dans sa véiion 1789 que dans celle de 1793, mème si pour certains radicaux la Revolution fran5aise est un bloe dont on ne saurait rien distraire (Clémenceau 1891). Les épisodes révolutionnaires de 1830, 1848, l'antibonapartisme, la dissolution dti 16 mai 1877 et l'affaire Dreyfus sont les grands épisodes du passe que
2i) GERARD BAAL, Hiiioire Au radicalismi Paris, Edìctons La Découvcrtc, 1994, pp. 43-44.
22; Note m.
239 Après Ja chute de Thicrs (24 mai 1873) et l'cchcc de la tcntative de restauration de k monarefaic, échec dù à l'intransigeanec du corate de Chambord, Mac-Mahon est porte à la