Rassegna storica del Risorgimento

Risorgimento. Storiografia
anno <2001>   pagina <202>
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202 JeanrYms Frétigné
documentée et argumentée de la doctrine de Leon Bourgeoìs. Après cet ouvrage c'est le désert, plus aucune étude de poids à l'exception des écrits du philosophe Alain n'est consacrée au solidarisme qui continue néanmoins à imprégner les pratiques politiques au moins jusque dans les années 1930 mais qui ne peut resister devant l'affìrmation d'autres doctrines à com-mencer par le marxisme.
Après la Commune, les problèmes sociaux auxquels: trouve confrontée la France, comme la plupart des pays européens, apparaissent avec plus de vigueur et plus urgente est la nécessité de les résoudre. lì est d'usage de rassembler ce mouvement sous le terme générique de quest'ioti sodale. Poser l'ensemble des difficultés de la société comme question sociale suppose une approche économique, politique et aussi philosophique. Trois types de réponses s'affirment après 1870:
1. celle des libéraux qui peuvent se prévaloir des succès de la crois-sance capitaliste et qui trouvent dans le darwinisme social et l'évolution-nisme spencerien une justification de la libre concurrence et du laisser faire laisser aller;
2. celle des socialistes qui sont en pleine expansion politique et sont de plus en plus influencés par le marxisme;
3. celle enfin des réformistes particulièrement importante entre 1880 et la Grande Guerre, qui refiise la lutte pour l'existence comme la lutte des classes et propose une tierce voie entre le libéralisme et le socialisme.
La question sociale se pense jusqu'en 1914 en termes de concurrence et/ou de solidarité. En 1879, l'anarchiste Emile Gautier forge, très vraisem-blablement pour la première fois, Texpression de danvinisme social qui se popularise très rapidement en Europe; elle est attestée dès 1882 en Italie. Dans une sèrie de conférences prononcées au Cercle d'études sociales du Panthéon, Emile Gautier présente le darwinisme social comme une extrapolation indue de la loi de la sélection naturelle dans le monde social afin de légitimer l'idée que le progrès suppose le sacrifice des faibles. La dèrmition proposée par Emile Gautier montre que l'assimilation entre J'évolutionnisme de matrice spencerienne et le darwinisme est déjà très avancée à la fin des années 70.28) Pourtant, comme l'a très justement démontré le philosophe Patrick Tort, l'évolutionnisme spencerien et le transFormisme darwiniste n'ont au départ strictement rien de commun.
M> Sur la pensée d'Émilc Gautier et plus généralcrnent sur le darwinisme social en France, voir ANDRE BEJJN, Les trois pbascs de Revolution du darmnhme sodai en Frante, in Darwinisme et Soeié/é Paris, tEÉj, IM3i-ip.p. 353-360.