Rassegna storica del Risorgimento
Risorgimento. Storiografia
anno
<
2001
>
pagina
<
215
>
Margini et les reformìsmes francais 215
une des mesures assignées par Mazzini a PEtat démocratique comme celle qui est le cheval de bataille des radicaux eri matière fiscale;
Nombre de critiques de l'oeuvre de Mazzini quafifient sa pensée en matière sociale de solidarisme. Déjà, en 1917, dans une des premières étu-des de fond qui soit consacrée à La filosofia politica di Giuseppe Masgini Alessandro Levi, dans le chapitre septième ayant pour titre la questione sociale e il socialismo emploie à dix-neuf reprises le substantjf solidarisme ou l'adjectif solidariste. Durant quarante pages, c'est la parole-clé pour traduire la solution mazzinienne a la question sociale. Ces fortes convergences entre la doctrine sociale des radicaux et les grands principes de la République sociale mazzinienne, qui traduisent leur commune appartenance à une solution réformiste de la question sociale, ne doivent pas masquer une sèrie de divergences. Une remarque evidente pour commencer: le contexte politique et social de la France à la fin du dix-neuvième n'est pas celui de l'Italie trente ou quarante ans auparavant. Le contexte intellectuel lui aussi a beaucoup évolué. Le positivisme, le darwinisme, l'évolutionnisme spencerien dominent largement les esprits au toumant du siècle. Le terme mème de solidarìtéy si fréquent sous la piume de Mazzini et des radicaux francais, n'a plus la;:mme acception. Dans sa philosophie, le penseur génois renvoie au domaine de la morale, fondement et clé de voute à la fois de son système, alors que chez les radicaux la solidarité est justinée par la sociologie et la biologie. Nous sommes en présence de deux conceptions du monde déiste chez Mazzini et rationaliste dans le solidarisme francais. Giuseppe Mazzini écrit après la publication du Catèchìsme positiviste d'Auguste Comte, a l'un de ses disciples Nicolae Ferrari: Negare l'aspirazione a Dio di tutta quanta l'Umanità ne' suoi più grandi uomini e nella coscienza dei milioni, base della nostra democrazia, perché a Comte o a non so ehi piace sostituirvi il positivismo, è un scherzo dell'intelletto M Mazzini maintient le plus longtemps qu'il peut une politique de silence vis-a-vis du positivisme. Tant que la doctrine comodine reste dans sa phase philosophico-scientifique, c'est-à-dire dominée par des preoccupations de méthode, Mazzini s'en désintéresse ou du moins ne la prend pas sérieusement en considératdon. Mais quand elle entre dans sa phase philosophico-mystique et qu'elle prétend indiquer la nouvelle felii de l'humanité, il se sent alors concerné et réagit durement Dans les dernièrcs anné< de Sa vie, psychologiquement
69 Aui5.SANDBO LEVI, La filosofìa politica dì Ghmppt Macini,, Napoli, Morano editore,f7 (première edition Ml
i) r;. MA/.2IWI, Ixttcra Nitftlao Ferrari del 15 luglio 1854, SBM, voi. LU, p. 287.