Rassegna storica del Risorgimento
Italia. Questione romana. Secolo XIX
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Jean-Marc Ticchi
évoque la fin du funesto dissidio avec l'Italie143) pourrait expliquer la suspension des travaux. L'échec de ce prò jet destine à rapprocher le Saint-Siège et l'Italie, niet fin à une période d'amélioration des relations entre le Vatican et le Quirinal et prelude au regain de tensions qui se manifestent d'autant plus fortement qu'en termes économiques et sociaux, l'Italie des années 1887-1888 va mal.
Dans la péninsule, la crise agricole, exacerbée par une politique pro-tectionniste et par la guerre douanière avec la France, favotdse l'émigration (le flux annuel des émigrants quadruple entre 1884 et 1888 de 55.000 à près de 205.000 personnes).146) La situation est paraculièrement preoccupante à Rome où l'afflux des ouvriers au chómage pose des problèmes de sécurité. De nombreux manoeuvres sont employés à construire les quartiere mo-dernes, a commencer par celui de Prati, sur les bords du Tibre, qui occupe une partie des glacis du chàteau Saint-Ange, récemment déclassés. Dans ce contexte de crise, un mouvement séditdeux entrainerait des conséquences dramatiques. En aoùt 1888, Mgr Galimberti, alors nonce à Vienne, se déclare préoccupé par l'éventualité d'une défaite militaire de l'Italie car 50.000 ouvriers sont venus construire de nouvelles maisons à Rome et, note-t-il, comme le disait Tacite ubi pudenda nefandaque omnia confluerunt. Si d'aventure ces bandes affamées de sang et de saccages 147) voulaient s'en prendre au Vatican, l'armée italienne serait-elle en mesure d'en venir à bout? Rien n'est moins sur a ses yeux.
A la méme epoque, les relations de l'Italie avec la France sont au plus bas. Crispi attribue à l'influence de Paris les mouvements ouvriers survenus à Rome et en Lucanie,148) respectivement en mars et en avril 1888. Le chef du gouvernement italien est d'ailleurs persuade, en avril 1888, de l'imminence d'une guerre avec la France dont le différend commercial et les manoeuvres navales francaises en Mediterranée (février 1888) ne sont qu'une préfiguration.149) Une semaine jour pour jour après que Crispi a transmis à Bismarck un mémoire évoquant le risque d'une attaque surprise
,4*> FRANCESCO CRISPI, Politica interna; Milano, 1924, pp. 98 sqq. Selon G. MAN-FRONÌ, Leon XIH aurait songé à sortir du Vatican à l'occaion de la eélébration de son {ubile sacerdotal, op. ci/., t. 2, p. 157; pour Crispi, Leon XIII y était encouragc par le pére Tosti, cf. Politica interna, Milano, 1924, pp. 101-102.
ti*> RENATO MORI, La politica estera dì F. Crispi, Roma, 1973, p. 109,
WJ Turbe fameliche di sangue e di saccheggi, AES, StEc, fase. 358, fol. 55v.
R. MORI, op. dt., p. 114.
49) R. MORI, ùp. cit., p. 101, p. Il6, n. 81, p. 117. Le traine de commerce entre les deux pays avait été dénoncé par Rome en décembre 1886, après que le Parlement francais cut, en juin, refusé de rarificr une convention de navigadon.