Rassegna storica del Risorgimento
Italia. Questione romana. Secolo XIX
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Leone XIII: andar via da Roma?
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la réclusion symbolique dont le Vatican était le théatre, eurent une part determinante. Mais les temps changent à compter du milieu des années 1890. La pérennité de la monarchie italienne, qui resiste à la tragique disparidon du coi Umberto, la sécurité dans laquelle se trouve le pape à Rome, malgré la présence de républicaufs et d'anarchistes, ont raison des velléités de fuite. En outre, mème si le pape ne se déplace pas, sa residence dans la Ville étemelle offre aux catholiques du monde entier l'occasion de manifester, par des pélerinages, leur attachement à la Chaire de Pierre. De 1878 à 1895, la question s'est assoupie. N'est-il pas révélateur que pour la première fois en 1895, Tambassadeur de France près le Saint-Siège adresse au Département une dépèche non pas pour confirmer les bruits de fuite du pape, mais pour démentir les assertions des journaux selon selon lesquels le pontife fatigué de dix-sept ans de réclusion se serait dispose à franchir les limites du palais apostolique et à mettre fin à la Question romaine?238) Face à la permanence de cette question irrésolue, il serait tentant de considérer, à l'instar de certains observateurs, que la Question romaine en general, de mème que le départ du pape qui en constitue Fune des manifestations particulières, servit de prétexte à faire beaucoup de bruit pour rien ou pour peu de chose. Une telle lecture parait cependant native. Bien que des études fassent, pour le moment, défaut sur ce point et que les archives à la base du présent travail ne donnent qu'un éclairage indirect et imprécis, il semble, en effet, que l'éventualité d'une mite ait préoccupé les catholiques, et notamment les catholiques francais. Henry Lorin décrit, par exemple, les cercles qu'il frequente à Paris comme assez émus des bruits de départ du pape.239) La menace d'une nouvelle fuite à Gaéte dont la curie redoutait qu'elle n'occasionne une captivité analogue à celle d'Avignon a aussi fait, comme on l'a vu, beaucoup de bruit en Italie où elle a contribué à definir, peu à peu, les termes du modus vivendi qui régit les relations du Saint-Siège et du Quirinal juqu'en 1922. Si les dés avaient été définitivement jetés en 1870, ou s'ils avaient été pìpés, comme l'estimaient ceux qui ne voyaient qu'une fiction dans la Question romaine, pourquoi Cri spi aurait-il craint, en 1891, que la France ne saisisse le prétexte de la fuite de Leon XIII pour faire la guerre à l'Italie?
*M) MA-EF, C3>, Saint Siègc, voi. 1120, fol. 48v, rap. Béhaine, n. 9, 19 janvier 1895. Notons que févécjue de Cordoue proposa l'hospitalité (residencia accidental) au Pape en 1396, cf. ASV, SS, 1896, rub. 241, fase, unico fol. 151r-162r, prò, 30027, let du noncc n. 399 du 31 mars 1896.
231 ALB, carton Henry Lorin (...] let. à Béhfiinc, munii soir Iijr avril, l'annce ne figure pas sur ce documenr qui pourraic ètte de 1884 ou de 1895, les deux seul.es années, entre 1884 et 1900 au cours desquelles le 1" avril soit tombe un marcii.